Ca fait 3 jours que je ne pense qu'à cette phrase.
J'avais oublié que c'était une chanson de Renaud...
Ca fait 3 jours que je pleure, et ça ne va pas se calmer aujourd'hui.
J'ai eu mon 1e chat après avoir bataillé pendant plusieurs années. On nous avait dit qu'avec ma maladie je ne pourrai peut-être jamais avoir d'animaux. Je voulais être vétérinaire... carrière abandonnée. Mais j'ai supplié, supplié pour avoir un chat. Et un jour, en 5ème, pour Noël, j'ai eu cette petit boulle de poil.
Il avait 4 mois, il s'appelait Roméo.
J'ai pris des multitudes de photos de lui. Je l'ai adoré du jour de son arrivée à aujourd'hui. Même si nos chemins s'étaient séparés... la vie, le divorce, les études, l'éloignement, le temps... il a fini par rester avec ma mère, puis avec Jacques. Il a vieilli, est devenu bien moins sauvage. Il a même su éduquer un chien avec qui il a partagé un certain temps de sa vie.
Et puis il est tombé malade l'an dernier. Verdict: épilepsie. On a tenté de le traiter, cela semblait avoir marcher. On a arrêté le traitement, pour voir.
Et c'est revenu. Et mis à part un traitement à vie que personne ne peut lui donner parce que nous avons encore des vies tous bien trop décousues, il n'y a aucune solution. Puis même, ce traitement, personne ne nous dit combien de temps il marchera...
Demain, mon chat aurait eu 11 ans, 9 mois et 19 jours... il ne les aura pas. Il se sera arrêté avant.
Je n'en veux pas à ma mère d'avoir pris cette décision, je crois que c'est aussi dur, voire plus, pour elle que pour moi. Mais je n'arrête pas de penser à ce que nous aurions pu faire si ce diagnostic n'était pas tombé si tôt... si j'avais eu une maison, un jardin où l'accueillir, peut-être alors j'aurais pu le garder moi, et essayer de le soigner. Les autres jours peut-être seront différents, mais là, je persiste à ressentir que c'est injuste.
J'ai dans la tête cette image de mon chat se réveillant ce matin et ne se doutant pas de ce qui va lui arriver. J'ai dans la tête qu'il prendra son dernier repas ce matin. J'ai dans la tête qu'on le mettra dans sa cage une dernière fois pou qu'il fasse sa dernière visite chez le vétérinaire. Et qu'il s'y endormira une dernière fois. Et que je ne serai pas présente, que je ne l'aurai même pas revu depuis un an.
Drôle d'année que cette année. J'aurai perdu ma grand-mère paternelle, mon grand-oncle Jacob et ma grand-tante Jacqueline. Je n'ai presque pas pleuré la mort de ces personnes. Je les connaissais pourtant bien, j'ai de nombreux souvenirs d'eux. Alors pourquoi suis-je aussi mal aujourd'hui?
Il y a quelque chose d'immuable dans la mort, et je crois que je viens de prendre conscience dans quelle mesure cela est définitif. Il n'y aura plus de Roméo, il ne sera plus jamais là. Il n'en restera que des souvenirs...
J'ai lu dans un livre une phrase très juste: Perdre quelqu'un qu'on a aimé est terrible, mais le pire serait de ne pas l'avoir rencontré. C'est vrai... sauf que ça fait mal, atrocement mal. Surtout quand c'est injuste, qu'on aurait pu, dans d'autres circonstances, faire autrement.
Mon petit chat va mourir. Ce soir, mon petit chat sera mort. Et je n'y peux rien.
Le petit chat est mort
Il est tombé du toît
C'est comme ça
Il a glissé sur j'sais pas quoi
Et Patatras
On l'enterr'ra demain j'te jure
Dans un joli carton à chaussures
Le petit chat est mort
Et toi et moi on va couci-couça
A cause de quoi ? A cause que c'est
Chaque fois comme ça
Pourquoi c'est toujours les p'tits chats
Et jamais les hommes qui tombent des toits?